Aujourd'hui, je prends de l'âge

Tu vas me dire que, de toute façon, on vieillit un peu tous les jours. Et c'est vrai.


Mais symboliquement, le jour de son anniversaire, on a souvent l'impression de vieillir un peu plus, un peu plus vite, un peu plus franchement.


Tu l'as certainement compris : c'est mon anniversaire.


Officiellement, j'ai eu 29 ans à 14h50, mais je me sens étrangement entre deux âges. La trentaine encore un peu lointaine, et toutes les années de la vingtaine derrière moi.


Certain.e.s s'offusqueront ou se mettront à rire en disant qu'à cet âge, on est pas vieux du tout et que, même, ce n'est pas vraiment ça vieillir, que d'avoir 29 ans. Que c'est encore la jeunesse et l'insouciance (enfin, pas vraiment) et que je pourrai parler de vieillir quand j'aurai 50, 60, 70 ans...


Mais vieillir, c'est bien plus que ça, non ?


Le but de cet article n'est pas de me plaindre ou de te plaindre, de parler de mes rides et de mes cheveux blancs. Eux, ils sont apparus l'année de mes 23 ans, et on cohabite plutôt bien. Si bien qu'ils sont de plus en plus nombreux et que j'espère presque développer cette fameuse mèche blanche que je trouve si jolie sur d'autres femmes.


(Tu vois, on en parle un peu quand même.)





Vieillir est, pour moi, synonyme d'apprentissage et ces dernières années, j'ai appris un bon nombre de choses. Parfois, j'ai dû assimiler dans la douleur, après une bonne claque ou un revers bien senti, et d'autres fois les choses se sont faites toutes seules, si aisément que je me disais "mais oui, c'est ça !"


Vieillir, c'est avancer et se débarrasser des vieilles peaux dont on a plus besoin, les couches de notre personnalité qui ne nous servent plus ou ne sont plus si authentiques que ça. C'est aussi aussi faire le tri et décider d'ignorer les pressions et attentes de la société, des gens qui nous entourent ; les préjugés, sur nous et sur les autres ; le besoin de rentrer dans le moule et de se conformer et celui de devoir plaire à tout le monde. C'est avoir plus de facilité à dire non, à organiser ses priorités, à imposer et maintenir ses limites. Vieillir, c'est également mieux se connaître et savoir quand s'arrêter même si pour être honnête, j'ai encore un peu de mal à ne pas dépasser la ligne du "trop", notamment au niveau du travail et des petits gâteaux.


Alors non, je n'ai pas envie de vous parler de mes rides d'expression au milieu du front ni de compter le nombre de cheveux blancs qui se sont installés sur mes tempes. Je n'ai pas envie de me dire "allez, encore un an de plus, ça passe beaucoup trop vite" mais plutôt "qu'est-ce que j'en ai fait des choses cette année. Qu'est-ce que j'ai avancé, grandi, mûri."


On sait que vieillir, pour une femme, est une affaire plus compliquée. On pourrait parler des diktats de la société au niveau de la beauté, de la fertilité, de la performance, de la maternité, de la réussite, des relations, du travail (et vraiment j'aimerais beaucoup vous en parler). Mais plutôt que de s'inquiéter pour ce que l'on n'a pas encore fait, entrepris, réussi, peut-être que nous pourrions prendre un instant, jeter un coup d'oeil sur l'année passer et observer tout ce que l'on a déjà réussi à accomplir en si peu de temps. Tout ce que nous avons mis en place, tous les moments où nous avons réussi à prendre soin de nous, à respecter nos besoins, notre rythme, nos priorités. Tout ce que nous avons appris, sur nous-mêmes, sur les autres, professionnellement, intellectuellement. Tous les gens que nous avons rencontrés, tout ce qu'ils nous ont apportés, tout ce que nous avons éliminé de nos vies car inutile, encombrant, inadapté.


Et si on décidait de que vieillir, c'était devenir meilleur.e plutôt que décrépir ?





Pour cela, il faut planter la graine très tôt et se dire que vieillir ce n'est pas atteindre un certain âge où les signes deviennent plus visibles. C'est un processus, un cheminement qui nous permet de nous bonifier (oui, comme un bon vin, la comparaison devait arriver à un moment donné). On commence à vieillir dès notre conception et il n'est pas nécessaire de lutter, de se critiquer, de regretter sa jeunesse ou même l'année qui vient de passer.

L'archétype de la crone, ou la vieille femme, est un archétype puissant dans toutes les mystiques, dans la sorcellerie, dans des croyances variées. C'est celle qui, après sa ménopause, a intégré tout le savoir de la vie, qui a trouvé la liberté, la sagesse, qui renoue avec son corps pour elle, pour son plaisir, pour profiter pleinement de tout ce que le reste du monde a lieu offrir. La crone est puissante car accomplie, pleine de savoirs et d'expérience et devrait être glorifiée par ce qu'elle nous apporte et nous apportera, au moment venu.


Je ne sais pas si cet article a pris la tournure que j'avais envisagé, mais je ne prépare pas toujours et j'ai souvent envie de t'écrire comme ça, de façon un peu spontanée. Je crois que si, avant, l'idée d'approcher des 30 ans me semblait un drôle de trucs un peu impressionnant, aujourd'hui, j'ai un peu hâte. Hâte de voir ce que ça fait, de changer à nouveau de décennie, et de voir aussi ce que cette nouvelle année va m'apporter. J'espère aussi que tu apprécieras tes futures rides et cheveux blancs comme des marques de sagesse, de savoir, d'évolution et que, si tu te sens bien avec eux, tu les laisseras libres d'afficher qui tu es en train de devenir (et si tu préfères les cacher ou modifier ton apparence, c'est également ton choix et ta liberté !)


N'hésite pas à m'envoyer un message,si tu as besoin d'échanger. Tu peux également faire un tour par ici si tu souhaites réserver une séance ou en savoir plus sur mes accompagnements holistiques.


On se retrouve bientôt,


Pauline.

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